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Fiche descriptive – Euphorbia cylindrifoliaeco
Description de la plante local_florist
Euphorbia cylindrifoliaest une Euphorbe géophyte, caudiciforme et succulente, endémique du sud de Madagascar. Elle forme un coussin très bas composé de rameaux étroits et sinueux issus d’une base tubéreuse généralement enfouie.
Le caudex est court, aplati au sommet et relié à une racine charnue. Il peut atteindre environ 10 cm de diamètre. De son centre partent de nombreux rameaux serrés, dressés, étalés ou couchés, qui s’entrecroisent pour former un coussin hémisphérique irrégulier.
Les rameaux sont inermes et peuvent mesurer jusqu’à 15 cm de longueur. Leur surface porte des cicatrices foliaires et de petites stipules membraneuses disposées en spirales serrées. Lors de sécheresses extrêmes, les parties aériennes peuvent régresser tandis que les organes souterrains assurent la survie de la plante.
Les feuilles sont regroupées près de l’extrémité des rameaux. Elles sont charnues, vert sombre à rouge verdâtre. Leur limbe est presque cylindrique, profondément sillonné sur la face supérieure et souvent recourbé en crochet à son extrémité. Ce caractère est à l’origine du nom cylindrifolia.
Habitat et origine terrain
L’espèce est strictement endémique de la région d’Anosy, dans le sud-est de Madagascar . Elle n’est connue que de quelques localités situées entre Amboasary-Atsimo et Fort-Dauphin, aujourd’hui Tôlanaro, principalement à basse altitude, entre 0 et 499 m.
Elle pousse dans les fourrés et forêts sèches épineuses à Alluaudia et Euphorbia, sur des sols très drainants. Parmi les plantes associées figurent notamment Alluaudia procera, Alluaudia dumosa, Aloe helenae, Aloe divaricata, des Commiphora et plusieurs autres Euphorbes succulentes.
Les principales menaces sont la destruction et la dégradation des fourrés, les incendies, le défrichement pour l’agriculture ou la production de charbon de bois, ainsi que les prélèvements destinés au commerce horticole. L’expansion historique des plantations de sisal a également affecté les formations végétales de cette région.
Carte de répartition – axe Amboasary-Atsimo / Tôlanaro, région d’Anosy map
Cette carte indique une zone de référence régionale. Elle ne révèle pas les localités précises d’une espèce menacée et recherchée par les collectionneurs.
Conditions de culture build
Exposition et lumière wb_sunny : offrir une lumière très vive avec soleil doux ou filtré. Le soleil du matin ou de fin d’après-midi maintient des rameaux compacts et une coloration soutenue. Protéger toutefois le caudex et les plantes récemment rempotées du soleil estival brutal.
Arrosage opacity : pendant la croissance active et feuillée, arroser complètement puis attendre que le substrat soit presque sec. Réduire fortement dès que la croissance ralentit ou que les feuilles tombent. En période fraîche, conserver pratiquement sec, sans laisser un jeune semis se déshydrater totalement.
Substrat et drainage : utiliser un mélange très fortement minéral : environ 75–90 % de pumice, pouzzolane, perlite grossière, lave ou petit gravier, complétés par 10–25 % de terreau tamisé. Le drainage doit être immédiat et le collet parfaitement aéré.
Pot et caudex : choisir un pot plutôt large pour accompagner les stolons, mais sans volume de terre excessif. Les plantes issues de semis forment le meilleur caudex. Garder la majeure partie du tubercule enterrée pendant la jeunesse ; une exposition progressive n’est envisageable que sur une plante bien établie.
Température thermostat : maintenir de préférence un minimum hivernal de 12 à 15 °C. Cette Euphorbe malgache est sensible au froid humide. Éviter absolument le gel et les arrosages abondants lorsque la température est basse.
Chaleur et ventilation : la chaleur estivale favorise la croissance si l’air circule bien. Une ventilation constante limite les maladies cryptogamiques et permet au substrat de sécher rapidement. Sous serre, éviter la combinaison chaleur extrême, soleil brutal et caudex exposé.
Rempotage : rempoter au début de la période chaude, seulement lorsque le substrat est dégradé ou que la plante occupe son contenant. Examiner le tubercule, éliminer proprement les parties mortes et attendre plusieurs jours avant le premier arrosage.
Bouturage : les rameaux peuvent s’enraciner après cicatrisation, mais les boutures développent souvent surtout des racines fibreuses et peuvent ne jamais former un caudex comparable à celui d’un semis.
Ravageurs et prévention : surveiller les cochenilles farineuses entre les rameaux, les cochenilles racinaires et les acariens. Le danger principal reste la pourriture du tubercule, souvent rapide et provoquée par un substrat trop organique, humide ou froid.
Anecdotes et notes taxonomiques info
L’espèce fut décrite en 1961 par Julien Marnier-Lapostolle et Werner Rauh.
L’épithète cylindrifolia signifie « à feuilles cylindriques ». Elle décrit les feuilles étroites et presque rondes en section, bien qu’un profond sillon longitudinal sur leur face supérieure les empêche d’être parfaitement cylindriques.
La variété tuberifera fut publiée par Werner Rauh après la découverte d’une population voisine, mais morphologiquement distincte, dans une forêt sèche à Alluaudia procera entre Fort-Dauphin et Amboasary.
La variété type possède une stratégie remarquable de colonisation végétative. Ses stolons souterrains s’enracinent puis produisent de nouvelles pousses verticales, permettant à un seul individu génétique de former un tapis couvrant parfois plusieurs mètres carrés dans son habitat.
En culture, une plante issue de bouture peut être très belle mais ne reproduit pas forcément l’architecture souterraine d’un semis. Cette différence explique pourquoi certains sujets âgés restent dépourvus du gros caudex recherché par les collectionneurs.